Décès de Cavayé Yéguié Djibril : le Cameroun perd un de ses piliers politiques historiques
Le paysage politique camerounais est en deuil. Cavayé Yéguié Djibril, figure incontournable des institutions et ancien président emblématique de l’Assemblée nationale, s’est éteint ce mercredi 6 mai 2026 dans son village natal de Tokombéré, à l’âge de 86 ans. Cette disparition marque la fin d’une époque pour le parlementarisme camerounais.
Un parcours institutionnel d’une longévité exceptionnelle
Né le 1er janvier 1940 à Mada, dans la région de l’Extrême-Nord, Cavayé Yéguié Djibril a consacré une grande partie de sa vie au service de l’État. Après des études en éducation physique et sportive et une carrière d’enseignant puis d’inspecteur, il entre dans la vie politique au début des années 1970.
Son ascension a été marquée par des étapes clés :
- 1971 : Il devient chef traditionnel de la communauté Mada.
- 1973 : Il est élu pour la première fois à l’Assemblée nationale du Cameroun.
- 1992 : Il accède à la présidence de la chambre basse du Parlement, succédant à Lawrence Fonka Shang.
Trente-quatre ans au perchoir : Un record historique
Cavayé Yéguié Djibril a occupé la présidence de l’Assemblée nationale pendant plus de 33 ans, du 31 mars 1992 jusqu’au 17 mars 2026. Il a été remplacé par Théodore Datouo à la suite de son évacuation sanitaire en Afrique du Sud. (
Sous sa présidence, l’institution a traversé de nombreux défis politiques et institutionnels. Membre influent du bureau politique du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), il a été réélu à la tête de la chambre basse à 32 reprises. Sa maîtrise des rouages législatifs et son ancrage territorial dans le Mayo-Sava en ont fait un maillon essentiel de la stabilité institutionnelle du pays.
Cavayé Yéguié Djibril : L’héritage d’un homme d’État
Au-delà de ses fonctions législatives, Cavayé Yéguié Djibril a incarné un pont important entre les traditions locales et le pouvoir central. Il a su maintenir une cohésion au sein d’une assemblée parfois traversée par des tensions, en appelant régulièrement au dialogue et à l’unité nationale. Ses dernières années au perchoir auront été marquées par d’importants chantiers législatifs et par des appels constants à la lutte contre la corruption.
Sa disparition survient dans un contexte politique crucial pour le Cameroun, alors que la nation prépare les échéances majeures de son avenir politique et gère les crises sécuritaires dans la sous-région.
Le Cameroun perd ainsi l’un de ses plus illustres serviteurs, dont le nom restera durablement associé à l’histoire de ses institutions parlementaires.
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