Fausse monnaie saisie au Cameroun.
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Enquête : fausse monnaie au Cameroun : Comment des réseaux chinois asphyxient l’économie réelle

Enquête sur les réseaux chinois de fausse monnaie au Cameroun. C’est un secret de polichinelle qui prend désormais les contours d’une entreprise de déstabilisation économique majeure. Depuis plusieurs années, les populations du Cameroun et de toute la zone CEMAC subissent au quotidien un calvaire invisible mais paralysant : la rareté chronique des pièces de monnaie. Des marchés de Douala aux comptoirs de banques, trouver de la petite monnaie est devenu un parcours du combattant.

Mais alors que beaucoup y voyaient un simple problème logistique de la BEAC, les récentes affaires de démantèlement et de saisies criminelles révèlent une réalité bien plus sombre. Il ne s’agit pas d’une pénurie fortuite, mais d’une stratégie implacable en deux temps : vider l’économie de sa monnaie réelle pour ensuite la réinjecter sous forme de faux billets, le tout orchestré par des réseaux criminels aux ramifications asiatiques.

Phase 1 : Le grand siphonnage des pièces de monnaie vers l’Asie

Le premier acte de cette guerre économique se joue dans les ports et les conteneurs maritimes. Souvenez-vous de la saisie spectaculaire de ce navire en partance pour la Chine, transportant à son bord des milliers de sacs remplis de pièces de monnaie CFA.

Pourquoi un tel engouement pour nos « jetons » ? La raison est double. D’une part, la valeur métallique intrinsèque de ces pièces (contenant du nickel et du cuivre de haute qualité) dépasse parfois leur valeur faciale une fois fondues sur les marchés industriels asiatiques. D’autre part, en asséchant les circuits de la petite distribution et des marchés locaux au Cameroun, ces réseaux créent une asphyxie mécanique. Sans monnaie, le commerce de détail stagne, l’inflation grimpe et l’économie informelle — qui fait vivre la majorité des familles — se grippe.

Phase 2 : Le démantèlement de Douala ou l’art de fabriquer le piège sur place

Une fois l’économie locale vidée de sa substance monétaire légale, la nature ayant horreur du vide, les faussaires passent à la vitesse supérieure. Le récent démantèlement d’une usine clandestine de fabrication de fausse monnaie à Douala, dirigée par un ressortissant chinois, a jeté une lumière crue sur le mode opératoire de ces réseaux.

Le cynisme de l’opération est total : après avoir exporté la monnaie authentique, ils installent des infrastructures lourdes directement sur notre sol pour produire massivement de la fausse monnaie. L’objectif n’est plus seulement le profit immédiat, il s’agit d’une entreprise de corruption systémique de notre tissu économique.

Le but ultime de la Fausse monnaie au Cameroun : Mainmise, rachat et diplomatie de la dette

Cette double tenaille monétaire — siphonnage d’un côté, falsification de l’autre — poursuit un dessein géopolitique et économique bien précis : le contrôle total des leviers souverains.

  1. Maîtriser l’économie par le chaos : En injectant des milliards de faux CFA, ces réseaux provoquent une perte de confiance généralisée dans la monnaie nationale et déstabilisent le système financier local.
  2. Le rachat des entreprises et des terres : Forts de capitaux massifs, souvent blanchis à travers ces circuits de fausse monnaie, des opérateurs étrangers profitent de la vulnérabilité des entrepreneurs camerounais asphyxiés pour racheter à vil prix les commerces locaux, les entreprises stratégiques et les matières premières.
  3. Le piège de la dette : Lorsque les États et les structures privées se retrouvent à genoux, incapables de stabiliser leurs propres marchés économiques internes, la dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds asiatiques devient totale. C’est l’aboutissement de la stratégie : vous tenir par la dette pour dicter la politique économique de demain.

Fausse monnaie au Cameroun : Une question de souveraineté nationale

Face à cette menace, la réponse ne peut plus être uniquement policière. Le démantèlement de l’usine de Douala doit servir d’électrochoc. La sécurité monétaire est le premier rempart de la souveraineté d’un peuple. Laisser des réseaux criminels étrangers manipuler, vider et contrefaire les instruments d’échange de l’Afrique centrale revient à leur céder, sans tirer un seul coup de feu, les clés de notre avenir économique.

Il est temps de durcir drastiquement les contrôles portuaires, de sanctuariser nos flux de devises et de punir avec la plus grande fermeté ces actes de sabotage qui ne sont rien de moins que de la haute trahison économique. (LIRE LA PREMIERE PARTIE ICI)


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Directeur de la publication de Saimondy. Analyste géopolitique, Journaliste-écrivain et éditeur, artiste musicien et producteur.

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