Brice Oligui Nguema au Cameroun
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Gabon : Le serment sur le « Ndjobi », la solution traditionnelle face aux détournements de fonds ?

Au Gabon, face à la persistance de la corruption et au détournement récurrent des deniers publics, une proposition inédite suscite de vifs débats au sein de l’opinion. Le Président Blaise Oligui Nguema veut faire prêter serment aux hauts fonctionnaires et dirigeants sur le Ndjobi. Un rite traditionnel redouté pour sa rigueur et ses conséquences immédiates sur ceux qui violeraient leur engagement.

L’impuissance des serments classiques face à la corruption

Dans la plupart des États modernes, la prise de fonction des ministres et des cadres de l’administration s’accompagne d’un serment prêté sur la Constitution, la Bible ou le Coran. Force est de constater que ces engagements formels n’ont pas suffi à freiner la mauvaise gestion financière. Pour de nombreux observateurs, le constat est sans appel. La crainte d’un jugement divin différé ne retient plus ceux qui s’adonnent au détournement des fonds publics.

C’est dans ce contexte que l’idée d’associer les leviers des traditions ancestrales aux institutions républiques gagne du terrain. Le Ndjobi, rite d’alliance et de justice coutumière ancré dans le patrimoine culturel gabonais, est réputé pour sa capacité à punir. Ceci sans délai la parjure, le mensonge et la trahison de la parole donnée.

Le Ndjobi : Une piste d’ancrage culturel pour la gouvernance africaine

La réflexion amorcée au Gabon soulève une question fondamentale pour l’ensemble du continent. Et si la lutte contre la corruption en Afrique passait par la réappropriation des mécanismes traditionnels d’intégrité ?

Bien que les États africains soient bâtis sur des modèles juridiques hérités de l’Occident, la force dissuasive des coutumes reste profondément ancrée dans l’imaginaire collectif.

En conclusion sur le Ndjobi

Étendre le principe du serment sur les symboles ou rites traditionnels locaux à l’échelle du continent pourrait offrir une alternative pragmatique pour :

  • Renforcer la responsabilité morale : Imposer un engagement sacré devant les communautés et les ancêtres, là où la loi républicaine est souvent contournée.
  • Créer une vraie dissuasion : Exploiter la crainte des sanctions coutumières immédiates pour décourager l’enrichissement illicite et la dilapidation des ressources nationales.
  • Réconcilier modernité et traditions : Mettre les valeurs morales endogènes au service de la transparence et du développement économique.

Si l’intégration des rites coutumiers dans la haute administration soulève des défis juridiques et constitutionnels, la démarche montre que la recherche de solutions efficaces contre les fléaux financiers exige aujourd’hui de penser en dehors des cadres institutionnels classiques.

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Simon Ngaka

CEO et rédacteur en chef de Saimondy, journaliste et analyste géopolitique, écrivain et éditeur, artiste-musicien et interprète, Producteur de musique. En 2009, il créé le label Saimondy.

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