Bernard Binlin Dadié

Bernard B. Dadié c’est Climbié, l’autobiographie romancée parue en 1952 est sans doute la plus célèbre des œuvres de l’auteur ivoirien. L’un des pionniers de la littérature africaine. « À l’été 2017, lorsque nous nous sommes vus, il se disait énervé de ne plus pouvoir écrire alors qu’il avait encore beaucoup de choses à dire », raconte Marie Yandé Kattié, une parente bouleversée.

Écrivain et homme politique, né à Assinie, Sud-Est de la Côte d’Ivoire en 1916, il se fait connaitre dès 1934 avec une pièce de théâtre satirique, « Les Villes ». Grand critique du colonialisme, l’ancien ministre ivoirien de la Culture, 1977 à 1986 du premier président ivoirien Felix Houphouët-Boigny, a tiré sa révérence le samedi, 9 mars 2019, à Abidjan, à l’âge de 103 ans. Témoin du massacre de Thiaroye au Sénégal, les crimes de la colonisation vont bâtir son engagement politique. Mais face au colon qui ne voulait pas décoloniser, celui qui appelait à l’indépendance d son peuple passera par la case prison après son retour en Côte d’Ivoire, en 1947. Seulement après 1960, il exercera plusieurs fonctions au sein de l’administration de Félix Houphouët-Boigny.

« Bernard Dadié a eu le courage de combattre l’ordre colonial et celui de combattre Houphouët-Boigny lorsqu’il était en désaccord avec lui », assure Serge Bilé. Homme des lettres et écrivain engagé de la première heure, Bernard Abou Koffi Binlin Dadié avait une écriture élégante qui savait captiver par sa poésie et son humour philosophique. « Le temps ne tient jamais compte de ce qui se fait sans lui », écrivait-il dans Un Nègre à Paris.

Le dernier jour de Bernard B. Dadié

C’est aux environs de 4 heures du matin que Bernard Dadié, déjà très affaibli des suites d’un accident cardio-vasculaire, est pris d’un malaise puis admis dans une clinique privée d’Abidjan avant de s’éteindre vers 14 heures. Il était depuis des mois déjà sous le choc de la perte de sa femme qu’il n’avait pu accompagner à sa dernière demeure, parce que très affaibli. Et l’on se demandait combien de temps il allait tenir après un tel coup du destin. « La Côte d’Ivoire vient de perdre son plus grand écrivain […] Nous nous inclinons devant sa mémoire », a déclaré Maurice Bandaman, le ministre ivoirien de la Culture.

Bernard Dadié laisse une œuvre prolifique dans laquelle de nombreux genres littéraires ont été parcourus : poésie, roman, chroniques, contes traditionnels et théâtre. Il a fait jusqu’au bout son combat comme militant pour l’indépendance et la souveraineté de son pays et de son continent, des peuples noirs et de l’Humain en général. Bernard Dadié est « un pionnier et un géant de la littérature africaine », avait déclaré en 2016 la Directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, en lui remettant le premier prix Jaime Torres Bodet. Il a su donné ses lettres de noblesse à la culture africaine. Après sa pièce de théâtre satirique, « Les Villes » sortie en 1934, il publie En 1950, un recueil de poèmes engagés, « Afrique debout ! » qui dénonce les relations de domination entre Blancs et Noirs dans l’Afrique coloniale. En 1980, son roman « Les jambes du fils de Dieu » lui redonne du succès. Bernard B. Dadié a reçu deux fois le grand prix littéraire d’Afrique noire avec « Patron de New York » (1965) et « La ville où nul ne meurt » (1968).

Témoignes

« Bernard Dadié est l’écrivain le plus fécond de la littérature néo-africaine (…) et avec Léopold Sédar Senghor, le plus traduit », selon Nicole Vincileoni, universitaire et auteure d’un ouvrage d’analyse de référence sur son œuvre.

« Bernard Dadié a eu le courage de combattre l’ordre colonial et celui de combattre Houphouët-Boigny lorsqu’il était en désaccord avec lui », assure Serge Bilé.

« Ses enfants ont toujours pensé qu’il a pu traverser toutes ces épreuves et vivre si longtemps car il était amoureux de sa femme », répond le journaliste et écrivain Serge Bilé, dont la mère était la cousine d’Assamala Dadié.

Quelques autres œuvres de Bernard B. Dadié:

Monsieur Thôgô-gnini

Béatrice du Congo

Îles de tempête

Les contes de Koutou-as-Samala

Le Pagne noir

Mhoi-Ceul

Hommes de tous les continents

Un nègre à Paris

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Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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