En ce mois de février, une injustice criarde vient d’être réparée du côté du Burkina Faso. Le cinéaste camerounais Dikonguè Pipa a vu de son vivant un monument érigé parmi ceux des plus grands du 7è art africain, en reconnaissance de son immense œuvre.

Dikongue Pipa, cinéaste camerounais et réalisateur de l’unique film camerounais qui a remporté en 1976, la plus haute distinction du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) avec son film « Muna Muto » qui veut dire « le fils de l’autre » a été immortalisé ce 25 févier 2019 au Burkina Faso lors de la 26è édition de la grande messe du cinéma africain qui célèbre par ailleurs sa 50è bougie.

Un monument de 2,5 mètres matérialise dans du bronze la reconnaissance par toute l’Afrique de l’immense œuvre du réalisateur camerounais, vainqueur de l’Etalon de Yennenga en 1976.

Une statue en bronze pour Dikonguè pipa

L’édifice en bronze qui marque la reconnaissance au plus haut sommet de l’œuvre du cinéaste camerounais se dresse fièrement sur la célèbre place des cinéastes de Ouagadougou, entre ceux du Sénégalais Sembene Ousmane et du Malien Souleymane Cissé. L’honneur est immense pour le cinéaste, unique lauréat camerounais jusque-là de l’Etalon d’or de Yennenga décerné au Fespaco.

L’Etalon d’or du Cameroun a été restauré et présenté ce 23 février 2019 aux cinéphiles du Cinéma Burkina, à l’occasion du Fespaco. L’histoire fait toujours battre les cœurs.

« Muna Muto », qui n’a pas pris une ride depuis 1976, c’est l’histoire d’amour entre l’orphelin Ngando, un jeune homme orphelin, pauvre et sans revenus. La vingtaine à peine vingtaine, qui se lie d’amour et d’amitié pour une jeune fille d’un village voisin, Ndome. Le père de celle-ci, lui rappelle alors qu’il doit s’acquitter de la dot avant de la prendre pour épouse.

C’est alors qu’il fait appel à son oncle Mbongo, héritier de son père défunt, afin que ce dernier lui vienne en aide. Malheureusement, ce polygame sans enfant de 4 épouses, dont la mère de Ngando, nourrit l’espoir d’être parent. Et c’est sans hésitation qu’il convoitera et obtiendra la jeune Ndome en noces, alors que celle-ci attend un enfant de Ngando.

Reconnaissance de toute l’Afrique

Ils étaient nombreux partis vivre cet instant solennel, au pied du mythique monument vert et orange érigé en 1987 au centre de la capitale du cinéma africain.

Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, Fritz Ntone Ntone, le maire de Douala 1er, Lengue Malapa aux côté du maire de Ouagadougou, Armand Bewende, et des centaines de figures du 7è art africain et camerounais telles que Bassek Ba Kobhio, Jean-Pierre Bekolo, Jean-Marie Teno, Jean Roke Patoudem, Gérard Essomba …

Le dévoilement de la statue de Dikongue Pipa était précédé de la traditionnelle cérémonie de libation, organisée à chaque Fespaco pour rendre hommage à tous ceux qui ont tant fait pour le cinéma africain. Main dans la main, les invités ont exécuté en cercle une procession autour du monument des cinéastes. Des témoignages d’anciens ont ensuite rappelé à la jeune génération les victoires remportées et les défaites essuyées.

Intervenant pour souligner le symbolisme de la place des cinéastes, à la suite d’un autre pionnier, l’ivoirien Timité Bassori, la Burkinabé Alimata Salambere, membre fondateur du Fespaco, a révélé que « Le Fespaco est né juste en face de ce lieu, au Centre culturel photovoltaïque ».

L’émotion était à son comble lorsque le voile blanc et le drapeau du Cameroun sont enfin levés du bronze. Des applaudissements et Des hourras se sont fait entendre à des kilomètres.

Initiative patriotique en faveur de Dikonguè Pipa

Pour garder Dikongue Pipa dans la mémoire collective, Marie Christine Whassom a fait un rêve qu’elle a réalisé enfin. La présidente fondatrice de Cordia Prod, porteuse de ce projet, a su mener jusqu’au bout ses ambitions. Elle a déclaré que « Cela n’a pas été facile. Il nous a fallu deux ans de combat acharné. Nous voulions le faire pendant le cinquantenaire. Nous avons réussi, et je suis très fière ».

Dikonguè Pipa a eu d’autres films : « Le prix de la liberté » ou encore « Badiaga ».

Au-delà de l’inauguration de cette statue, il était question de réparer une injustice pour celui-là même qui a voué toute sa vie au cinéma africain. Mais surtout de restaurer l’honneur du Cameroun.

Que dire de plus si cet événement est suivi d’un Jean Pierre qui passe le témoin à un autre Jean pierre, mais Bekolo, un autre digne fils du Cameroun qui est lui aussi en course pour l’Étalon de Yennenga 2019.

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Saimondy

Journaliste, Écrivain, Auteur et Compositeur.

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